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La Congrégation des Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie

Depuis son arrivée dans le Tiers Ordre, Amélie caresse cet autre rêve, celui d’entrer en religion.  Tout comme elle, ses compagnes de tous les jours entretiennent le même désir.  Au début de 1849, Amélie et sa nièce Léocadie tentent de convaincre l’évêque de Rennes de donner les autorisations nécessaires à la réalisation de ce projet bien légitime : installer à Paramé des sœurs pour le service des vieillards.  Peine perdue, il est formellement interdit de fonder une autre congrégation religieuse. Cette défense veut freiner les nouvelles associations et mettre un peu d’ordre dans la multiplicité des institutions nouvelles8.

Toutefois, après plusieurs mois de pourparlers, l’évêque nomme l’abbé Amand-René Maupoint, vicaire général du diocèse, supérieur ecclésiastique des Dames de Paramé; c’est une manière d’adoucir le refus et ce sera l’occasion pour le projet de prendre racine, de porter du fruit.  Quelle chance!… Quelle grâce!…

En 1849-1850, les Dames de Paramé poursuivent l’œuvre entreprise et s’attachent avec fidélité à la Règle des Tertiaires.  La foudre qui frappe la salle de l’Asile de Notre-Dame des Chênes, au cours de la nuit du 27 juin 1850, attire la bienveillance des autorités municipales.  Les dégâts causés fournissent l’occasion de remplacer l’oratoire provisoire par une chapelle, construite à partir de l’obole de la veuve : 10 centimes offerts spontanément par une dame de l’ouvroir.  Cette somme, multipliée pour les besoins de la cause, permet d’élever au domaine des Chênes, la maison de Dieu, lieu de la prière des pauvres.  Il semble que l’institution prenne forme avant la lettre et les autorisations nécessaires…

Au cours du mois d’août 1852, monsieur l’abbé Alexandre Paris devient aumônier résidant à Notre-Dame des Chênes.  Ce prêtre, vicaire à la paroisse de Paramé depuis 1835, est confesseur et conseiller particulier d’Amélie Fristel et directeur des filles du Sacré-Cœur.  Il connaît monseigneur Charles Poirier, un Eudiste missionnaire, devenu évêque de Roseau à la Dominique aux Antilles; ce dernier est fondateur d’une congrégation religieuse qui s’inspire du Tiers Ordre du père Eudes9.

Serait-il souhaitable de s’associer à cette congrégation lointaine?  Les démarches entreprises le 29 août, auprès du prélat missionnaire, reçoivent une réponse affirmative à Paramé le 20 octobre 1853, en la fête du Sacré-Cœur.  C’est alors que monseigneur Brossais Saint-Marc, mis au courant de la nouvelle par son vicaire général, lève l’interdiction.  « Puisqu’une Congrégation est née aux Antilles à partir du Tiers Ordre, pourquoi ne pas en faire une en Bretagne10? »

Le 11 novembre 1853, après trois jours de retraite tenue par monsieur Maupoint lui-même, les sœurs prononcent leurs vœux de religion à la messe célébrée dans la chapelle de Notre-Dame des Chênes, en la fête de saint Martin de Tours.  Ce jour-là, selon l’ordre de leur entrée en religion, ont fait profession religieuse, les sœurs : Marie-Ange (née Marie Hésry), Marie-Augustine (née Julie Gauchet), Marie-Adèle (née Adèle Dumesnil), Marie-Amélie (née Amélie Fristel), Marie-Françoise (née Marie Lefrançois), Marie-Thérèse (née Léocadie Fristel) et Marie-Victoire (née Marie Decan).

Vient de naître la Congrégation des Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie.  Amélie peut maintenant se reposer, l’héritage de monsieur Lemarié servira aux vieillards déjà à l’abri et l’oeuvre se poursuivra, grâce aux dévouées auxiliaires devenues religieuses.  Gratias infinitas! Elle croit venue l’heure du Nunc dimitis!